Les infections sexuellement transmissibles (IST)

Les infections sexuellement transmissibles (IST) constituent un enjeu majeur de santé dans les situations d’exploitation sexuelle. L’exposition répétée, l’absence de protection, les violences, la contrainte ou l’impossibilité de négocier l’usage du préservatif augmentent significativement les risques.

Certaines infections peuvent rester silencieuses pendant longtemps, tout en entraînant des conséquences importantes sur la santé physique et psychologique.

Le tableau ci-dessous présente les IST les plus fréquemment rencontrées dans les situations d’exploitation, leurs modes de transmission, leurs principaux symptômes et les possibilités de dépistage et de prise en charge.

L’objectif est d’apporter des repères clairs aux professionnels afin de favoriser le repérage, l’orientation vers les soins et la prévention.

Infections sexuellement transmissibles les plus fréquentes dans l’exploitation sexuelle

  Définition et transmission Prévention Signes d’alerte Traitement
VIH / SIDA Le Virus de l’Immunodéficience Humaine attaque le système immunitaire et diminue la défense contre les infections et certaines maladies.
Le Syndrome d’Immunodéfissience Acquise est le stade avancé de l’infection où apparaît des maladies opportunistes pouvant mettre la vie en danger.
Transmission par le sang, le sperme, le liquide séminal (liquide transparent qui s’écoule au début de l’érection), les sécrétions vaginales, le liquide anal (rectal) et le lait maternel peuvent transmettre le VIH.
Utiliser un préservatif à chaque rapport sexuel, faire un dépistage régulier, prendre un traitement préventif (PrEP) si à risque, ne jamais partager le matériel d’injection Après la primo-infection, la phase chronique n’entraîne aucun symptôme spécifique Aucun remède, mais traitement antirétroviral (ARNtrôler le virus, maintenir la santé et réduire le risque de transmission)
Hépatite B L’hépatite B est une infection virale du foie causée par le virus de l’hépatite B (VHB)
Transmission surtout par contact avec le sang et les sécrétions biologiques d’une personne infectée, notamment lors de rapports sexuels non protégés
Vaccination efficace et gratuite, utiliser un préservatif, ne pas partager rasoirs, seringues ou brosses à dents Dans de nombreux cas, elle ne provoque aucun symptôme au début Surveillance et antiviraux (en cas d’infection chronique)
Syphilis La syphilis est une infection causée par la bactérie Treponema pallidum
Transmission par voie sexuelle (par pénétration vaginale, anale ou rapports bouche-sexe, bouche-anus), transmission de la mère à l’enfant pendant la grossesse (forme rare)
Préservatif, dépistage régulier, même sans symptômes, traiter rapidement pour éviter les complications Plaies indolores, souvent invisiblles, sur les parties génitales, la bouche ou l’anus Antibiotiques (pénicilline ou alternatives si allergie)
Herpès génitale Maladie virale très contagieuse, après la primo infection, le virus s’installe dans l’organise et s’y « endort ».
Transmission surtout par contact direct avec la peau ou les muqueuses d’une personne infectée, notamment lors de rapports sexuels, même sans boutons ni plaies visibles, très élevé quand ils le sont.
Préservatif ou une digue dentaire lors des rapports, éviter les rapports pendant une pousée d’herpès À son réveil par poussées, petites cloques évoluant en plaies, sur organes sexuels ou à proximité Antiviraux (aciclovir, valaciclovir)
HPV Les Virus du Papillome Humain appartiennent à une famille de virus très contagieux. Il existe plus de 100 types de virus HPV. Environ 40 d’entre eux peuvent infecter les parties génitales.
Transmission surtout lors des rapports sexuels, même si une personne n’a aucun symptôme, elle peut quand même transmettre le virus car le HPV peut être présent sans se voir
Vaccination (fille et garçon, dès 11 ans), utiliser un préservatif même si la protection n’est pas totale, faire un dépistage régulier (frottis, test HPV). Le plus souvent bénignes et asymptomatiques : condylomes, verrues cutanées, papillomatose orale.
Des lésions peuvent apparaître quelques mois après contamination parfois des années après le contact, on parle de latence. Le virus est présent mais reste inactif.
Pas de traitement contre le virus lui-même : traitement des lésions (ex : verrues, lésions précancéreuses)
Chlamydiose ou infection à chlamidiae La chlamydiose est causée par la bactérie Chlamydia trachomatis
Transmission par préliminaires sexuels, par rapports sexuels non protégés, par contact avec des sécrétions vaginales ou du sperme
Utiliser un préservatif à chaque rapport, dépistage régulier, surtout chez les jeunes, traitement antibiotique simple et efficace si détectée tôt Souvent asymptomatique ou apparaître quelques semaines après contamination.
Pour les femmes : douleurs en urinant ou pendant rapport sexuels, écoulement vaginaux jaunâtres ou sanguinolents, maux de ventre
Pour les hommes : picotements ou brûlures en urinant, écoulements blanchâtres au niveau du pénis ou du rectum
Antibiotiques (azithromycine, doxycycline)

Dépistage

Depuis le 1er septembre 2024, le dépistage d’autres IST que le VIH est possible sans ordonnance et sans rendez-vous dans tous les laboratoires de biologie médicale. Il est réalisé sans avance de frais pour les moins de 26 ans et pour toute personne concernant le VIH. Le dispositif « Mon test IST » complète et remplace « VIH Test ». Un test rapide d’orientation diagnostique (TROD VIH) ainsi qu’un autotest VIH sont également disponibles.

Renseignements et orientation possibles auprès d’un médecin généraliste, d’un CeGIDD, d’un centre de santé ou d’un planning familial.

Prévenir, dépister, accompagner

Le dépistage régulier, l’accès facilité aux soins et l’information adaptée constituent des leviers essentiels de protection.

En cas de doute ou de symptômes, il est recommandé d’orienter vers un professionnel de santé ou un centre spécialisé.

Dans un contexte d’exploitation, l’accompagnement doit être global : santé, protection, soutien psychologique et accès aux droits sont indissociables.