campagne nationale victime de violence

Et si l’accès à l’aide commençait simplement par un numéro aperçu au bon moment ?

C’est tout l’enjeu de la nouvelle campagne nationale de prévention contre les violences sexuelles et intrafamiliales, lancée le 7 septembre 2026. Déployée notamment dans les gares et les stations de transport, elle vise à rendre les dispositifs d’aide plus visibles, plus accessibles et plus facilement mobilisables par les victimes comme par les témoins.

https://egalite-femmes-hommes.gouv.fr/lutte-contre-les-violences-intrafamiliales-et-sexuelles?

Aller vers les victimes plutôt que d’attendre qu’elles viennent

Face aux violences sexuelles et intrafamiliales, l’accès à l’information et aux dispositifs d’aide constitue une étape essentielle. Pourtant, pour une personne victime, demander de l’aide peut être particulièrement difficile : peur, emprise, isolement, méconnaissance des dispositifs ou impossibilité de parler librement peuvent constituer autant de freins.

La nouvelle campagne nationale part donc d’un principe simple : les dispositifs d’aide doivent aller au plus près des personnes qui peuvent en avoir besoin.

Après une première campagne déployée sur près de 450 aires d’autoroute et de repos, le Gouvernement poursuit cette démarche dans les lieux de passage et du quotidien. Les gares et stations de transport représentent ainsi des espaces stratégiques pour diffuser largement les messages de prévention.

Selon le ministère chargé de l’Égalité entre les femmes et les hommes, près de 10 millions de voyageurs et visiteurs fréquentent chaque jour les gares françaises. Ces espaces deviennent donc de véritables points de contact pour faire connaître les ressources existantes.

Une campagne visible dans les gares et les commerces RELAY

La campagne est déployée dans les réseaux ferrés SNCF et RATP, notamment dans les magasins RELAY implantés dans les gares et stations concernées.

À partir du mois de septembre, différents supports sont progressivement installés : affichages en façade et à l’entrée des magasins, vidéos diffusées sur les écrans des points de vente équipés et, à l’approche des vacances de la Toussaint, distribution d’une étiquette bagage rappelant les numéros d’aide.

L’objectif est de faire entrer l’information dans le quotidien : dans un lieu de passage, au détour d’un déplacement, une personne peut découvrir un numéro ou un dispositif qu’elle ne connaissait pas encore.

Cette visibilité peut également être utile aux témoins, qui ne savent pas toujours vers qui se tourner lorsqu’ils sont confrontés à une situation préoccupante.

Des professionnels formés pour informer et orienter

La campagne ne repose pas uniquement sur l’affichage. Près de 2 000 collaborateurs RELAY doivent être formés afin de pouvoir informer les voyageurs, qu’ils soient victimes ou témoins, sur les dispositifs existants.

Plusieurs ressources nationales sont ainsi mises en avant :

  • 3919 – Violences Femmes Info : un numéro national d’écoute, d’information et d’orientation destiné aux femmes victimes de violences, à leur entourage et aux professionnels
  • 119 – Allô Enfance en Danger : le numéro national dédié à la prévention et à la protection des enfants en danger ou en risque de l’être
  • arretonslesviolences.gouv.fr : une plateforme permettant notamment de signaler des violences et d’échanger avec des policiers ou gendarmes formés
  • 17 et 112 : les numéros d’urgence
  • 114 par SMS pour les personnes sourdes, malentendantes, aphasiques ou dysphasiques en situation d’urgence.

Le 3919 permet notamment d’obtenir une écoute et une orientation vers des dispositifs locaux d’accompagnement. Il ne s’agit toutefois pas d’un numéro d’urgence : en cas de danger immédiat, il convient de contacter les services d’urgence.

https://www.allo119.gouv.fr/

https://solidaritefemmes.org/appeler-le-3919/

Une mobilisation qui concerne aussi les témoins

La prévention des violences ne concerne pas uniquement les personnes directement victimes.

Un proche, un professionnel, un ami, un collègue ou encore un témoin peut être le premier à remarquer une situation préoccupante. Savoir quoi faire et vers qui orienter peut alors faire une réelle différence.

Le site gouvernemental Arrêtons les violences rappelle que des actions simples peuvent permettre d’aider une victime ou de l’orienter vers des professionnels et des associations spécialisés.

Informer, écouter, orienter et ne pas rester seul face à une situation de violence : chacun peut contribuer à rompre l’isolement.

https://www.arretonslesviolences.gouv.fr/besoin-d-aide/harcelements?

Une campagne qui fait écho aux démarches de terrain

Pour les professionnels de la prévention, de la protection de l’enfance, de la santé, du social ou de l’éducation, cette campagne constitue également un rappel de l’importance du repérage et de l’orientation.

Les violences sexuelles et intrafamiliales peuvent prendre des formes multiples et concerner des publics différents. Elles peuvent également s’inscrire dans des situations d’emprise, de vulnérabilité ou d’isolement qui rendent la demande d’aide particulièrement complexe.

Rendre les ressources visibles dans les espaces du quotidien participe donc à créer davantage de possibilités de rencontre entre les personnes concernées et les dispositifs susceptibles de les accompagner.

À retenir

Un numéro visible peut être un premier pas.
Une information accessible peut permettre de demander de l’aide.
Un témoin informé peut contribuer à rompre l’isolement.

Cette nouvelle campagne nationale porte ainsi une ambition essentielle : faire en sorte que, face aux violences sexuelles ou intrafamiliales, personne ne reste sans solution.